«Nous étions des marginaux»: c’est ainsi que Pierre Soulages (1919-2022) décrit sa génération d’artistes après-guerre, dans un entretien inédit consacré à son amitié avec Hans Hartung (1904- 1989), que la galerie Perrotin diffuse ici pour la première fois. Ce document vidéo de la Fondation Hartung-Bergman, accompagné de nombreuses archives (lettres, photographies, carnets...), constitue le point de départ d’une exposition qui met en parallèle les deux peintres à travers une sélection d’œuvres, mais également d’outils exceptionnellement sortis de leurs ateliers. Soulages et Hartung furent aimantés par les atmosphères méditerranéennes où ils ont bâti, respectivement à Sète et Antibes, des espaces de création permettant le renouvellement constant de leur inventivité et des expérimentations toujours plus poussées. Ils n’ont cessé de converser, de s’entraider, de se stimuler l’un l’autre, de s’échanger des cadeaux aussi, à l’image du magnifique Brou de noix que Soulages offre à Hartung en 1948 (contre deux dessins) et qui est prêté à la galerie pour l’occasion.